La Dégénérescence Maculaire Liée à l’âge (DMLA)
La première cause de baisse sévère de la vision après 65 ans
“L’examen du fond d’oeil fait partie de la consultation d’ophtalmologie. Nos appareils étant de plus en plus performants, il n’est pas forcément nécessaire de dilater la pupille. Grâce à la photographie du fond d’oeil, plus besoin de mettre des gouttes qui rendent la vision floue pendant quelques heures : un véritable gain de confort pour le patient ! Donc pour dépister à temps la DMLA comme d’autres maladies de la vision, il s’agit de consulter régulièrement son ophtalmologue. Cela évitera de faire du sauvetage par la suite”.
Docteur François Leboucq
La Dégénérescence Maculaire Liée à l’Âge (DMLA) correspond à une altération, voire à une destruction de la macula, située au centre de la rétine. La vision centrale est affectée, entraînant une grande perte d’autonomie si les deux eux sont touchés : impossibilité de lire, de conduire, de reconnaître les personnes… Par contre, la vision périphérique perdure généralement.
Il existe deux formes d’évolution de la DMLA :
- La forme atrophique ou “sèche”
Forme la moins grave, elle représente plus de 2/3 des cas. Son évolution est lente et laisse souvent persister une acuité visuelle de 2 à 3/10e. Aucun traitement n’existe.
- La forme exsudative ou “humide”
Cette forme évolue rapidement : perte sévère de vision parfois rapide (de quelques semaines à quelques années), atteinte progressive des 2 yeux dans près d’1 cas sur 2. Toutefois, des avancées majeures ont été réalisées en termes de traitement.
• Dépistage
Seul un examen du fond d’oeil destiné à vérifier l’état de la macula permet de diagnostiquer cette maladie qui débute d’abord par une Maculopathie Liée à l’Âge (MLA).
Dès l’âge de 45-50 ans, des dépôts blanchâtres appelés “drüsen” apparaissent au centre de la rétine. Il faut alors distinguer vieillissement normal ou pathologique.
De toute façon, à ce stade, aucun symptôme n’est ressenti. La maladie peut cependant être bien installée et évoluer sournoisement pendant 5, 10 ans ou plus, jusqu’à ce que des signes évocateurs apparaissent :
- besoin de plus d’éclairage pour lire,
- perception difficile des détails (baisse de l’acuité visuelle),
- sensation de voir des lignes droites ondulées, déformées (cf. test d’Amsler),
- tache sombre au centre du champ de vision.
Il est alors urgent de consulter et d’agir : la MLA a évolué en DMLA. Pour dépister une DMLA à temps, il faut consulter son ophtalmologiste
tous les ans à partir de 55 ans.
• Facteurs de risque
- L’âge : la fréquence de la maladie augmente avec l’âge. La DMLA concerne ainsi 15 à 20 % des personnes âgées de 65 à 75 ans, 25 % des personnes de 75 ans et 30 % des plus de 80 ans.
- Le sexe : la DMLA atteint plus fréquemment les femmes que les hommes.
- Le tabagisme : chez les fumeurs, le risque de développer la maladie est multiplié par 6.
- La génétique : en cas de frère ou de soeur atteint(e) de DMLA, le risque est multiplié par 19.
- L’hypertension artérielle.
- Le surpoids.
- La lumière à forte dose : la protection solaire des yeux est importante, surtout chez le jeune enfant.
• Traitement
Si les traitements ne peuvent restaurer la vision centrale perdue, ils permettent, si on les commence précocément, de conserver une certaine acuité visuelle.
Il en existe plusieurs pour la DMLA de forme humide : les injections intra-vitréennes, la photocoagulation au laser et la photothérapie dynamique. Les compléments nutritionnels peuvent aussi s’avérer utiles pour ralentir l’évolution de la maladie et, notamment, retader l’éventuelle atteinte du deuxième oeil. Pour les deux formes de DMLA, la rééducation dite “basse vision” permet de s’habituer et d’optimiser les capacités visuelles restantes : utilisation du champ de vision périphérique, d’appareils grossissants…
De plus en plus de personnes atteintes et non dépistées
• 1,5 millions de personnes diagnostiquées (MLA).
• 500 000 non dépistées.
• 3 000 nouveaux cas de cécité chaque année (acuité visuelle inférieure à 1/10e).
Des chiffres qui augmentent d’année en année du fait de l’augmentation de l’espérance de vie.



