Une maladie pas comme les autres
Découverte en 1906 par le psychiatre allemand Aloïs Alzheimer, la maladie d’Alzheimer touche aujourd’hui 860 000 personnes en France. Elle a été déclarée grande cause nationale 2007.
Vous avez dit Alzheimer ?
Alzheimer est une maladie de l’adulte dite neurodégénérative. Elle affecte en effet le système nerveux central de façon progressive et se traduit par des lésions cérébrales majeures.
Dans un premier temps, le malade perd la mémoire de faits récents. Plus tardivement, il montre des troubles du langage et de la compréhension. Parfois même des troubles psychiatriques et des crises d’épilepsie. En parallèle, son humeur et son comportement peuvent se modifier. 43% des malades présentent une démence.
Peu à peu, le malade perd de son autonomie et entre dans un état de dépendance pouvant durer plusieurs années.
Où en est la recherche ?
Actuellement, pour les chercheurs internationaux, il s’agit surtout de redéfinir les critères mêmes de la maladie, établis il y a plus de vingt ans. Pour permettre une intervention médicale avant que le malade entre dans la démence.
Les nouveaux critères ne sont pas encore applicables en pratique, mais ils offrent un bon cadre à la recherche. Le critère principal étant un trouble de la mémoire épisodique précoce et significatif, rapporté par le malade ou ses proches depuis plus de six mois.
Les chercheurs développent aussi de nouvelles cibles thérapeutiques pour empêcher la formation des plaques amyloïdes, ces accumulations extracellulaires de protéines responsables en grande partie de la maladie.
Un vaccin curatif, actuellement à l’étude, permettrait aussi de prévenir la démence.
Existe-t-il un traitement préventif et curatif ?
Il n’existe aucun traitement guérissant la maladie d’Alzheimer, ni même permettant de freiner son évolution.
Les traitements médicamenteux actuels n’arrêtent pas la maladie, mais ils permettent une amélioration symptomatique des fonctions cognitives et du comportement général du malade. Ce dernier peut mieux réaliser ses activités quotidiennes.
Mais le malade a aussi besoin d’une prise en charge non médicamenteuse, possible dans des accueils thérapeutiques de jour d’associations comme France Alzheimer. Les malades y sont accompagnés par une équipe pluridisciplinaire professionnelle (psychologues, infirmières, psychomotriciennes, musicothérapeutes…) et des bénévoles. Ce qui permet d’offrir un temps de répit aux aidants familiaux.
Un enjeu de société ?
En France, 860 000 personnes seraient touchées par la maladie ou une de ses apparentées. Et chaque année, 220 000 nouveaux cas apparaissent.
760 000 des malades ont plus de 75 ans. Et la prévalence d’Alzheimer augmente fortement avec l’âge. De 1,5% à 65 ans à 30% à 80 ans. Seulement 5% des cas détectés ont moins de 50 ans. La maladie est aussi plus présente chez les femmes que chez les hommes.
Résultat : 60 à 80% des pensionnaires de maisons de retraite sont aujourd’hui atteints. Et demain ?
Le vieillissement de la population accroît le risque de progression du nombre de malades. Tous les quatre ans, l’espérance de vie augmente d’un an. Si bien qu’en 2050, on estime à 150 000 le nombre de centenaires. Les sexagénaires, eux, auront doublé et les octogénaires triplé.
En l’absence d’une véritable politique de prévention, les chiffres de malades continueront à progresser. En 2040, ils devraient être 2,1 millions.
Une commission, présidée par le Professeur Joël Ménard, ancien directeur général de la Santé, a été chargée par l’Elysée du nouveau plan Alzheimer, le troisième en six ans. Forte de dix membres et de huit groupes d’experts, elle doit formuler des propositions en matière d’évaluation, sur la base de critères précis de recherche, de soins et de prise en charge.
Quelle prise en charge pour les malades ?
Dans 70% des cas, c’est la famille qui prend en charge la personne malade et lui permet de rester à domicile.
Mais au stade sévère de la maladie, le malade ne peut souvent plus être accompagné à domicile ; il doit être suivi dans un établissement spécialisé.
La maladie, déjà coûteuse moralement, le devient alors aussi financièrement.
L’Allocation Personnalisée à l’Autonomie (APA), entrée en vigueur le 1er janvier 2002, aide les familles et les malades. Mais seulement si ces derniers ont plus de 60 ans. Les malades plus jeunes ne bénéficient que d’une indemnité compensatrice versée pour rémunérer l’aide d’une tierce personne.
Les malades peuvent aussi être pris en charge par des structures d’accueil de jour comme les Ehpad (Etablissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) ou des établissements hospitaliers long séjour.
Ces structures restent peu nombreuses et coûtent cher. De 1500 à 3000 euros par mois.
Le développement et la diversification de modes d’accueil médicalisés et spécifiques constituent les priorités de demain.
Principaux signes d’alerte
- Perte de la mémoire récente : difficulté à enregistrer de nouvelles informations
- Désorientation dans le temps et l’espace
- Problème de langage
- Perte de jugement et de raisonnement
- Difficulté à reconnaître ou identifier des objets connus
- Modification de l’humeur et du comportement
- Difficulté dans les gestes de tous les jours
Facteurs de risque
- L’âge essentiellement (supérieur à 65 ans)
- Des antécédents familiaux de maladie d’Alzheimer ou l’existence de mutations spécifiques
- Des antécédents personnels de dépression, de traumatisme crânien, notion d’exposition à l’aluminium
- Un régime riche en graisse animale et pauvre en fibres et oméga 3
- Selon une étude récente parue dans Neurology, le régime méditerranéen à base de fruits, de légumes, de céréales, de poisson, d’un peu d’alcool et d’acides gras mono-insaturés serait un atout face à Alzheimer.
La meilleure arme contre Alzheimer ?
Conserver une activité cognitive simple telle que lire le journal, jouer aux échecs ou aux dames, fréquenter les librairies…
Pour en savoir plus sur la maladie d’Alzeimer…
France Alzheimer et maladies apparentées
21, boulevard Montmartre
75002 Paris
Tél : 01 42 97 52 41
www.francealzheimer.org
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